BEAUTE

Les propriétés d’impressions sensorielles qui satisfont notre goût. On ressent  comme beau ce qui fait preuve de symétrie, d’ordre et de régularité. Chaque élément particulier doit faire partie d’un ensemble harmonieux. C’est pourquoi on a pu développer un apprentissage de beau. L’esthétique explore les rapports de proportion, l’harmonie de couleur, la combinaison des formes. Mais toutes mes tentatives pour élaborer  scientifiquement les modalités du sentiment du beau se heurtent vite aux limites de notre goût subjectif et aux échelles de valeur que les civilisations ont traditionnellement mises en place.

Les règles de la beauté sont certes influencées par la perception que nous avons de la nature. Mais ce que l’homme crée dans l’art doit aussi surmonter les contrastes et les conditions de cette même nature. L’aspiration à la beauté est une sorte de défense. Les sentiments du beau sont étroitement liés à l’excitation sexuelle, et cela particulièrement chez l’homme. Ce ne sont pas les organes sexuels qui seront perçus comme beaux mais les caractéristiques sexuelles secondaires qui, elles, ne renvoient pas aussi directement au désir sexuel. Une beauté régulière et harmonieuse engendre une satisfaction à peine durable. Elle peut très vite apparaitre comme vide et ennuyeuse. C’est ainsi que l’art n’a presque jamais tendu exclusivement vers le beau. De même que dans la musique l’harmonie est entrecoupée de passages dissonants ou syncopés, ainsi les arts plastiques et la littérature, créent toujours des tensions pour provoquer une excitation. On trouve à côté du beau normatif, le « joli » qui ne se réfère à aucun canon préétabli, l’original, qui plait justement à cause de son refus des canons. Paradoxalement, on pourrait même parler d’une beauté de la laideur.

Source : Ludwig Knoll, Encyclopédie de la psychologie pratique, France Loisir, 123, boulevard de Grenelle, Paris, 1980.

La beauté de la nature !

Du point vu philosophique :

Le beau c’est l’objet d’une satisfaction désintéressée et universelle puisque désintéressée. Dans la mesure où on admet que la finalité de l’art est particulièrement de procurer une telle satisfaction, on peut dire qu’il contribue au bonheur : d’abord par la satisfaction exempte de toute aliénation (désintéressée), ensuite en nous permettant d’échapper au désir et à l’inquiétude du vouloir vivre, enfin, en nous permettant d’exister au présent. Noter que cette consolation est provisoire.

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