En 2018, la production de litchis a été mauvaise à Madagascar. Ils manquaient de sucre, ils étaient trop petits, et étaient flétris…Tels ont été les commentaires des importateurs et des vendeurs de litchis provenant de Madagascar en 2018.
En 2019, les opérateurs économiques, les collecteurs et les paysans partagent l’opinion selon laquelle la production est différente. La production de litchis a augmenté et leur prix a diminué. Telle est la situation dans la région Vatovavy Fitovinany notamment à Manakara et ses environs.

RAHERISOA Eric Olivier : « Les litchis sont rouges à partir de novembre…On a pu vraiment commencer à en manger …le 3 novembre, certains en ont déjà goûté. S’il ne pleut pas, on a des litchis jusqu’en décembre mais s’il pleut, les litchis s’abîment vite… »

RAKOTONDRASOA Mosa Eugène, Adjoint au Miare Manakara : « Ambahibe, Sahasinaka, Ampasimanjeva, le district de Vohipeno, Mananjary…sont les plus gros producteurs…Pour Manakara, ce sont les localités environnantes…La production de litchis est importante en ce moment à Manakara…Ils sont bien rouges et sucrés. La production est tellement importante qu’on ne peut pas toute la consommer. A la fin novembre, il y avait encore plein de litchis. Les paysans font pitié car personne ne vient collecter les litchis…Il n’y a même pas de collecteurs pour les litchis à exporter à Manakara. Manakara n’a pas eu de quota cette année. Ces 3 dernières années, il n’a pas eu de quota. C’est déplorable pour la population et les paysans alors que la production est importante. »

CALEB Fridolin, Chef de Région par interim Vatovavy Fitovinany : « Pour l’année 2019, en ce qui concerne les litchis, nous sommes optimistes…La production a été importante dans la région même si un petit retard dans la maturité des fruits a été enregistré. Sur un plan d’ensemble, la production a été importante mais il y a eu des problèmes quant à son exportation. »
La production de litchis a été confrontée à deux problèmes à Manakara. Le prix de la production a baissé d’une part et d’autre part, la dégradation des infrastructures portuaires a empêché les exportations.
Sur un plan d’ensemble, sur la production de 100 000 tonnes annuelles de Madagascar, seulement le 1/5 soit 20 000 tonnes sont exportées sur l’Europe. Le reste est donc consommé par le marché intérieur soit 80 000 tonnes consommées en l’espace de deux ou deux mois et demi. Résultat : le prix du panier descend entre 1500 et 1200 ariary durant la période de production. Les paysans producteurs se sentent lésés.

RAHERISOA Eric Olivier, Producteur : « La production a été importante mais à cause du climat, la qualité n’a pas répondu aux normes requises. Quant aux opérateurs économiques, ils achètent vraiment à un prix très bas les litchis : le panier à 1500 ou 1200 ariary. On ne vend pas au kilo mais au panier…1200 à 1500 ariary : c’est le prix à Lokomby…On ne fait donc que les manger. Ceux qui ont de la famille dans des endroits éloignés, leur en envoie mais les taxis brousses exagèrent aussi dans le transport des marchandises vers la capitale. Ils prennent plus de 10 000 ariary. Je crois que les paysans sont vraiment en perte car les prix des litchis ne sont pas fonction des prix des autres marchandises. Depuis que le port de Manakara ne fonctionne plus, le prix des litchis a chuté. On doit utiliser le quota de Toamasina et envoyer des litchis par voiture à Toamasina alors que Toamasina produit aussi suffisamment de litchis…C’est le problème…Les opérateurs économiques achètent à très bas prix les litchis ici…Ils font ce qu’ils veulent… »
Sur la quantité exportée de 20 000 tonnes, la région Vatovavy Fitovinany a un quota déterminé. Le traitement du produit se fait à Manakara. A l’heure actuelle, le port est fermé et les exportations ont été suspendues.

RAJAFIARISON Wai Kandot, collecteur : « De 1990 à 2005, des professionnels avaient obtenu un marché et travaillaient avec des collecteurs de litchis. Ils avaient un marché. Ils commandaient eux même un bateau…Le bateau arrivait jusqu’ici…Après l’achat des litchis, le conditionnement se faisait à Manakara. Le souffrage y était pratiqué. On les mettait ensuite sur des palettes avant de les mettre en conteneurs. Le problème à cette époque était que quand il faisait mauvais, les litchis s’abîmaient. Les armateurs se plaignaient aussi des coups donnés par le chaland sur le bateau, ce qui pouvait abîmer le bateau…Ils se sont découragés à venir à Manakara… »
En raison de l’importance de la production dans la région, les opérateurs économiques ont cherché le moyen d’en exporter. La collecte du produit a été transférée à Mananjary. Des camions frigorifiques ont été utilisés. Mais ils n’ont pu en venir à bout.

RAJAFIARISON Wai Kandot, collecteur : « Il fut un temps où les opérateurs avaient déménagé à Mananjary. Ils travaillaient là-bas. Du coup, la filière litchis en a pâtit à Manakara. Ensuite, il y a eu un changement dans le conditionnement des litchis et Toamasina a obtenu tout le quota…Manakara n’en a pas eu. Toamasina a obtenu un quota annuel de 17 000 ou 15 000 tonnes et Manakara 0 tonne…On a pensé plus tard utiliser des conteneurs frigorifiques s’il n’y avait pas de bateau, prendre un express pour acheminer des litchis de Manakara à Toamasina…Ce moyen était efficace mais le gros problème était l’absence de quota pour la région Manakara. La qualité des litchis est identique à celle des litchis de Toamasina. Mais en ce qui concerne le quota, les élus et les opérateurs de Manakara n’arrivent pas à convaincre le ministère et le Groupement des Exportateurs de litchis de leur allouer un quota pour que Manakara puisse exporter ses litchis. »
La campagne 2019 de collecte des litchis a officiellement été lancée le 17 novembre à Madagascar. La collecte a débuté par la région Est notamment par Toamasina et Fénérive.
RAKOTOMALALA Landisoa, Ministre de l’Industrie et du commerce : « Il n’y a rien de nouveau car nous savons tous que les acteurs de la filière litchis sont des professionnels et l’objectif est de se professionnaliser. La visite à la station a permis de constater une actualisation, des pratiques semi-industrielles et semi-automatiques dans le conditionnement des litchis à exporter.

Nous nous acheminons aussi sur cette voie pour améliorer la qualité et le niveau d’exportation. Nous regardons ce qui se passe dans les autres pays pour que Madagascar puisse commencer à exporter à partir de l’année prochaine. L’objectif cette année est d’atteindre des exportations de 17 500 tonnes. La qualité est bonne, aussi bien au niveau du calibrage que de la qualité…C’est visible… En ce qui concerne les primeurs…le groupement des exportateurs de litchis a décidé au cours de son assemble générale que les primeurs partiraient en même temps en bateau. Les bateaux peuvent donc exporter les primeurs à partir d’aujourd’hui…»
Madagascar étant le premier exportateur de litchis vers l’Europe et pour se maintenir à ce niveau compte tenu de ce qui s’est passé en 2018, les hommes d’affaires malgaches ont tout fait pour poser des règles strictes. Dans ce cadre, la quantité exportée a diminué pour garder la qualité exigée par le marché international. Ainsi, si les deux premiers conteneurs exportés vers la France pesaient 16 000 tonnes en novembre 2018, ils ne pesaient plus que 15 000 tonnes en 2019.
Au plan de la production, la vieillesse des pieds de litchis et le marché sont les deux principaux problèmes de Madagascar. En d’autres termes, les pieds de litchis sont trop vieux et doivent être renouvelés.

RANDRIAMANANTENA Jocelyn, Enseignant « Le problème se situe au niveau des marchés et non des litchis. Comment se comporte le marché des litchis ? Madagascar est l’un des principaux pays exportateurs de litchis en direction de plusieurs pays. Historiquement, les Malgaches ont traversé des périodes difficiles. Le pays a été sanctionné et la plupart des marchés mondiaux se sont fermés à lui. La solution pour moi est d’ouvrir à nouveau ces marchés internationaux afin de pouvoir augmenter la quantité exportée. En effet, quand les marchés internationaux se ferment, les débouchés sont rares…et affectent les revenus des paysans. Il est normal que les plants de litchis ne soient pas entretenus et que la qualité des produits ne réponde plus aux normes internationales. C’est l’un des problèmes rencontrés.
Le deuxième problème concernant les litchis en particulier dans la région de Manakara porte sur le vieillissement des plants. Les plants sont vieux. Les paysans doivent créer de nouvelles plantations car le vieillissement des plants risque de provoquer une chute de la production. Si on considère la production actuelle, une baisse de la qualité est notoire… »
Le changement climatique vient exacerber la situation de vieillissement des pieds de litchis. La population d’abeilles qui sont essentielles dans la production de litchis et des autres produits d’exportation, est nettement insuffisante.

JEAN Veli, Enseignant « La qualité des litchis a changé et n’est plus identique à celle d’avant. Avant, les litchis étaient bons et gros et on était ravi de les voir. A l’heure actuelle, les litchis ne répondent plus aux critères exigés par les pays importateurs. Les litchis sont devenus petits. Quels sont les problèmes ? Je voudrais apporter des explications sur ce point. Le premier problème est le changement climatique. Le climat a changé…Par ailleurs, quand les litchis fleurissent, des insectes comme les abeilles les déflorent. Quand ces insectes font défaut, le litchi ne parvient pas à la taille voulue. C’est comme pour la vanille, quand on ne féconde pas la fleur de la vanille, on n’a pas une vanille de bonne qualité…
- Pourquoi ces insectes font-ils défaut à l’heure actuelle, ces insectes qui déflorent les fleurs de litchis comme les abeilles?
Cela est dû au changement climatique. Le sapin par exemple cause des problèmes aux autres arbres. Quand les abeilles les butinent, elles meurent. Je veux insinuer qu’il n’y a plus d’abeilles, qu’ils n’y a plus suffisamment d’abeilles qui butinent les fleurs à cause de la destruction de l’environnement par l’homme. De ce fait, tout change, tout ce que nous plantons et ce que nous cultivons…Tel est le problème surtout en ce qui concerne la qualité du litchi. Cela veut dire que nous devons nous préoccuper de l’environnement…Primo, les insectes vont réapparaître et nous irons à nouveau vers une amélioration de la qualité qu’il s’agisse de litchis ou de vanille. Mais si nous ne protégeons pas l’environnement, la qualité de nos produits va en pâtir. A la fin, nous ne pourrons plus exporter nos produits. Si les pays importateurs ne prennent plus en compte la qualité de nos produits, nous rencontrerons de gros problèmes d’exportation. »
Disposer de produits d’exportation de différentes variétés est important pour la région Vatovavy Fitovinany car cela lui permet de se développer. En plus des litchis, Vangaindrano et Manakara produisent aussi du girofle. Mais ces régions sont confrontées au manque d’opérateurs économiques et à l’insécurité.

RAJAFIARISON Wai Kandot, collecteur : « Il y a deux principales régions productrices de girofle dans le grand Sud Est. Vangaindrano produit 4000 à 5000 tonnes par an. Le district de Manakara produit 1500 tonnes par an notamment à Ampasimanjeva, Vohimasina, Vohipeno et Namorona. Avant, il y avait ici des opérateurs qui conditionnaient le girofle. Une fois le conditionnement terminé, ils exportaient directement. A l’heure actuelle, ce sont des opérateurs de Toamasina qui achètent le girofle dans la région de Manakara et de Vangaindrano. Il y a d’ailleurs très peu de produits à conditionner ici. On pratiquait le triage ici pour créer des emplois à Manakara mais maintenant même le triage se fait à Toamasina. Cela est dû à l’insuffisance de professionnels qui peuvent exporter la production. »
La filière vanille qui commence à se développer rencontre les mêmes problèmes.
RAJAFIARISON Wai Kandot, collecteur : « C’est une petite région productrice de vanille. La production est de 500 tonnes environ, de Nosy Varika à Vangaindrano. Dans le nord, la production peut atteindre 12 000 Tonnes. L’insécurité est aussi un problème, de même que la corruption dans la filière. Les normes techniques sont par ailleurs insuffisantes. Si la vanille est cueillie alors qu’elle n’est pas arrivée à maturité, la qualité est mauvaise. Il faut des efforts pour la vanille car la filière est toute nouvelle dans le Grand Sud Est. Les planteurs doivent être formés, de même que les préparateurs, les conditionneurs stockeurs pour pouvoir obtenir une vanille de meilleure qualité dans la région sud est. »
Pour en revenir à la production de litchis dans la région Vatovavy Fitovinany, la population aspire à la réhabilitation du port de Manakara. La présence de ce port facilite la circulation des marchandises et relie plusieurs régions comme Mananjary, Vangaindrano, Farafangana. La réhabilitation de ce port permet aussi d’écouler les produits. Toutefois, la population ne demande pas à ce que le port soit réhabilité en port secondaire comme précédemment mais comme port primaire. Toujours est-il qu’avant cette réhabilitation, une entreprise de transformation de litchis doit y être créée afin de pouvoir augmenter la quantité exportée et de maintenir le quota d’exportation à son niveau initial.

RAKOTONDRASOA Mosa Eugène, Adjoint au Maire Manakara : « Nous sommes l’un des plus gros producteurs de litchis. Nous sommes déçus de ne pas avoir de quota d’exportation. Nous souhaitons la réouverture du port de Manakara pour que nous puissions nous occuper sur place des litchis à exporter vers les autres pays d’Europe et d’Asie. A l’heure actuelle, le prix des litchis est dérisoire…Selon les rapports qui nous sont parvenus et après les descentes sur terrain que nous avons faites la semaine dernière, le kilo de litchis coûte 200 ariary chez nous. Les paysans producteurs s’en plaignent car ce prix dérisoire ne leur permet pas de faire vivre leur famille. S’il existait une usine de transformation de litchis sur place, cela créerait des emplois, et ferait monter le prix de la production de litchis. Avoir un port secondaire n’est pas vraiment le souhait. Manakara veut un port primaire pour pouvoir exporter ses litchis. Une fois dans le camion qui transporte le conteneur, les litchis sont de suite embarqués à bord des bateaux à l’aide de grues. »
RAJAFIARISON Wai Kandot, collecteur : « Le problème alors qu’on avait un port secondaire, était de tirer le chaland avec une vedette. Il fallait faire 2 km dans la mer avant de pouvoir transborder le produit. C’était un vrai problème. Nous osons espérer que si Manakara dispose d’un port primaire, les opérateurs étrangers vont changer d’avis, de même que les armateurs…Ils vont de suite se ravitailler à Manakara car la saison des litchis y est plus précoce et qu’ils sont moins chers qu’à Toamasina. En plus du port, l’autre solution est que le groupement des exportateurs de litchis attribue un quota à Manakara. Ainsi, les exportateurs professionnels pourront de suite exporter. Même si les produits sont acheminés par camion, c’est déjà très important pour Manakara. En plus du port, l’autre solution est que le groupement des exportateurs de litchis attribue un quota à Manakara. Ainsi, les exportateurs professionnels pourront de suite exporter. Même si les produits sont acheminés par camion, c’est déjà très important pour Manakara.
L’attribution d’un quota peut permettre d’améliorer le niveau de vie des paysans…Actuellement, les litchis pourrissent sur pied faute d’acheteurs. Un quota permet d’écouler la production et d’améliorer le niveau de vie. La population de Manakara serait motivée par l’attribution d’un quota car tout le monde aurait du travail et la vie serait meilleure.
Si le port est réhabilité, le prix des litchis changera sûrement à Manakara.
En ce qui concerne la production et le traitement des litchis, le ministère de l’agriculture par le biais du projet CASEF, a formé des paysans producteurs 4 ou 5 mois avant la saison de la collecte. Cette formation a inclus notamment le traitement des pieds de litchis, la taille des arbres et le moment où il fallait le faire. Les paysans ont aussi été formés à des méthodes de travail novatrices pour faire face au changement climatique. Il a été question du manque de pluies dues à une sécheresse prolongée. Un appui leur a été donné pour qu’ils puissent répondre aux normes de production exigées. Les paysans producteurs savaient comment tailler les arbres, explique-t-on. Mais on leur a appris à choisir ce qu’il fallait tailler et le moment où il fallait le faire. Cette formation faisait partie de l’amélioration de la qualité de la production afin de parvenir à l’objectif fixé : celui d’améliorer le niveau de vie de chaque acteur de la filière litchis.
Les investigations menées font ressortir qu’en 2018, un kilo de litchis de Madagascar coûtait entre 2,20 euros et 2.30 euros en France. Ce prix est plutôt dérisoire par rapport aux litchis d’Afrique du Sud vendus 3,50 à 4 euros selon la grosseur. Mais toujours est-il que les litchis sont source de devises extérieures et peut améliorer l’économie du pays.
RANDRIAMANANTENA Jocelyn, enseignant : « Lorsque les échanges commerciaux au niveau international reprendront, il y aura des rentrées de devises étrangères. Nous aurons des recettes en monnaies étrangères. Nous devons savoir que quand les Malgaches importent, cela dévalorise l’ariary. A mesure que nous exportons, l’ariary se valorise. Le problème du pays est que la valeur de l’ariary est très faible par rapport aux autres monnaies de référence. Si l’ariary se valorise, notre pouvoir d’achat augmentera. Les produits importés seront bon marché car l’ariary aura gagné en valeur. C’est très important dans notre PIB. Quand je dis exportation, c’est pour que nous améliorons la qualité des produits exportés. Il faut que nous mettions nos produits à exporter aux normes… »
La transformation des litchis sur place a été une solution adoptée face à la surproduction de litchis. L’école de formation professionnelle de Manakara a appris à ses élèves à faire de la confiture de litchis. Des partenaires financiers ont organisé une formation pour améliorer la vie des paysans producteurs. Ils sont encore peu nombreux à l’heure actuelle.

HENINTSOA Monique, Etudiante : « C’est la saison des litchis, on peut les transformer de différentes façons et ne pas se contenter de les manger. On peut en faire de la confiture. Nous apprenons à nos élèves à en faire…C’est comme ça…Nous savons enseigner comment faire de la confiture de litchis.
Des membres de Prospérer font de la confiture. Mais les membres sont rares. Cette année, des efforts ont été entrepris avec le député pour se rapprocher des producteurs et transformer localement la production… »
Face à la surproduction de litchis, la détérioration des fruits est importante. Les fruits pourrissent sur pied ou se détériorent en chemin. Mais compte tenu de leur prix dérisoire, les paysans producteurs ne se donnent pas la peine de les cueillir.
D’importants efforts doivent être fournis pour valoriser la filière litchis à Madagascar. Comme nous l’avons mentionné, seulement le 1/5 de la production annuelle de 100 000 tonnes est exporté. Les 80 000 tonnes restent sur place et sont éparpillés un peu partout dans les régions non productrices. La plus importante région consommatrice de litchis est celle d’Analamanga et Antananarivo, la capitale. Au marché d’Anosibe, de longues files de camions vendent les litchis en gros. Près de 30 camions par jour approvisionnent les marchands en litchis. La plupart des litchis proviennent de la région Vatovavy Fitovinany, explique-t-on. Selon les marchands, les prix sont de loin différents des prix pratiqués sur le marché.

RAFARAMALALA Hanitra, grossiste : « Un camion peut transporter 700 paniers. On achète le panier 6000 ariary sur place et on le revend entre 8000 et 9000 ariary une fois au marché. Tout est terminé en une journée. Quand ça ne marche pas bien, on vend tout en deux jours… »
De ce fait, le prix de vente des litchis est supérieur une fois sur le marché. Cela veut dire aussi que le litchi est un fruit apprécié par le consommateur.
Toujours est-il qu’il s’avère essentiel de trouver un moyen pour le conserver et le transformer. La transformation de fruits crée des emplois, permet de conserver le produit invendu et de l’utiliser ultérieurement. Cela permet aussi d’améliorer le niveau de vie des paysans producteurs et les encourage à produire toujours plus.



Région DIANA.
L’exploitation forestière et la vente de bois sont des affaires qui marchent à l’heure actuelle. Le nombre d’exploitants forestiers, qu’ils aient une autorisation légale ou non, augmente. Le nombre de marchands de bois suit la même tendance à Antananarivo et ses environs. Qui se trouve derrière ce trafic ? Que va-t-il advenir au pays et aux générations futures si la surexploitation forestière continue ? Nous essaierons de répondre à ces questions.


