LITCHIS DE MADAGASCAR

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En 2018, la production de litchis a été mauvaise à Madagascar. Ils manquaient de sucre, ils étaient trop petits, et étaient flétris…Tels ont été les commentaires des importateurs et des vendeurs de litchis provenant de Madagascar en 2018.

En 2019, les opérateurs économiques, les collecteurs et les paysans partagent l’opinion selon laquelle la production est différente. La production de litchis a augmenté et leur prix a diminué. Telle est la situation dans la région Vatovavy Fitovinany notamment à Manakara et ses environs.

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RAHERISOA Eric Olivier : « Les litchis sont rouges à partir de novembre…On a pu vraiment commencer à en manger …le 3 novembre, certains en ont déjà goûté. S’il ne pleut pas, on a des litchis jusqu’en décembre mais s’il pleut, les litchis s’abîment vite… »

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Adjoint au Miare – Commune Urbaine de Manakara

RAKOTONDRASOA Mosa Eugène, Adjoint au Miare Manakara : « Ambahibe, Sahasinaka, Ampasimanjeva, le district de Vohipeno, Mananjary…sont les plus gros producteurs…Pour Manakara, ce sont les localités environnantes…La production de litchis est importante en ce moment à Manakara…Ils sont bien rouges et sucrés. La production est tellement importante qu’on ne peut pas toute la consommer. A la fin novembre, il y avait encore plein de litchis. Les paysans font pitié car personne ne vient collecter les litchis…Il n’y a même pas de collecteurs pour les litchis à exporter à Manakara. Manakara n’a pas eu de quota cette année. Ces 3 dernières années, il n’a pas eu de quota. C’est déplorable pour la population et les paysans alors que la production est importante. »

CALEB Fridolin47.Image fixe014
Chef de Région par Interim – Vatovavy Fitovinany

CALEB Fridolin, Chef de Région par interim Vatovavy Fitovinany : « Pour l’année 2019, en ce qui concerne les litchis, nous sommes optimistes…La production a été importante dans la région même si un petit retard dans la maturité des fruits a été enregistré. Sur un plan d’ensemble, la production a été importante mais il y a eu des problèmes quant à son exportation. »

La production de litchis a été confrontée à deux problèmes à Manakara. Le prix de la production a baissé d’une part et d’autre part, la dégradation des infrastructures portuaires a empêché les exportations.

Sur un plan d’ensemble, sur la production de 100 000 tonnes annuelles de Madagascar, seulement le 1/5 soit 20 000 tonnes sont exportées sur l’Europe. Le reste est donc consommé par le marché intérieur soit 80 000 tonnes consommées en l’espace de deux ou deux mois et demi. Résultat : le prix du panier descend entre 1500 et 1200 ariary durant la période de production. Les paysans producteurs se sentent lésés.

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Cultivateur

RAHERISOA Eric Olivier, Producteur : « La production a été importante mais à cause du climat, la qualité n’a pas répondu aux normes requises. Quant aux opérateurs économiques, ils achètent vraiment à un prix très bas les litchis : le panier à 1500 ou 1200 ariary. On ne vend pas au kilo mais au panier…1200 à 1500 ariary : c’est le prix à Lokomby…On ne fait donc que les manger. Ceux qui ont de la famille dans des endroits éloignés, leur en envoie mais les taxis brousses exagèrent aussi dans le transport des marchandises vers la capitale. Ils prennent plus de 10 000 ariary. Je crois que les paysans sont vraiment en perte car les prix des litchis ne sont pas fonction des prix des autres marchandises. Depuis que le port de Manakara ne fonctionne plus, le prix des litchis a chuté. On doit utiliser le quota de Toamasina et envoyer des litchis par voiture à Toamasina alors que Toamasina produit aussi suffisamment de litchis…C’est le problème…Les opérateurs économiques achètent à très bas prix les litchis ici…Ils font ce qu’ils veulent… »

Sur la quantité exportée de 20 000 tonnes, la région Vatovavy Fitovinany a un quota déterminé. Le traitement du produit se fait à Manakara. A l’heure actuelle, le port est fermé et les exportations ont été suspendues.

RAJAFIARISON Wai Kandot

RAJAFIARISON Wai Kandot, collecteur : « De 1990 à 2005, des professionnels avaient obtenu un marché et travaillaient avec des collecteurs de litchis. Ils avaient un marché. Ils commandaient eux même un bateau…Le bateau arrivait jusqu’ici…Après l’achat des litchis, le conditionnement se faisait à Manakara. Le souffrage y était pratiqué. On les mettait ensuite sur des palettes avant de les mettre en conteneurs. Le problème à cette époque était que quand il faisait mauvais, les litchis s’abîmaient. Les armateurs se plaignaient aussi des coups donnés par le chaland sur le bateau, ce qui pouvait abîmer le bateau…Ils se sont découragés à venir à Manakara… »

En raison de l’importance de la production dans la région, les opérateurs économiques ont cherché le moyen d’en exporter. La collecte du produit a été transférée à Mananjary. Des camions frigorifiques ont été utilisés. Mais ils n’ont pu en venir à bout.

RAJAFIARISON Wai Kandot
Collecteur

RAJAFIARISON Wai Kandot, collecteur : « Il fut un temps où les opérateurs avaient déménagé à Mananjary. Ils travaillaient là-bas. Du coup, la filière litchis en a pâtit à Manakara. Ensuite, il y a eu un changement dans le conditionnement des litchis et Toamasina a obtenu tout le quota…Manakara n’en a pas eu. Toamasina a obtenu un quota annuel de 17 000 ou 15 000 tonnes et Manakara 0 tonne…On a pensé plus tard utiliser des conteneurs frigorifiques s’il n’y avait pas de bateau, prendre un express pour acheminer des litchis de Manakara à Toamasina…Ce moyen était efficace mais le gros problème était l’absence de quota pour la région Manakara. La qualité des litchis est identique à celle des litchis de Toamasina. Mais en ce qui concerne le quota, les élus et les opérateurs de Manakara n’arrivent pas à convaincre le ministère et le Groupement des Exportateurs de litchis de leur allouer un quota pour que Manakara puisse exporter ses litchis. »

La campagne 2019 de collecte des litchis a officiellement été lancée le 17 novembre à Madagascar. La collecte a débuté par la région Est notamment par Toamasina et Fénérive.

RAKOTOMALALA Landisoa, Ministre de l’Industrie et du commerce : « Il n’y a rien de nouveau car nous savons tous que les acteurs de la filière litchis sont des professionnels et l’objectif est de se professionnaliser. La visite à la station a permis de constater une actualisation, des pratiques semi-industrielles et semi-automatiques dans le conditionnement des litchis à exporter.

RAKOTOMALALA Landisoa
Ministre de l’Industrie et du Commerce

Nous nous acheminons aussi sur cette voie pour améliorer la qualité et le niveau d’exportation. Nous regardons ce qui se passe dans les autres pays pour que Madagascar puisse commencer à exporter à partir de l’année prochaine. L’objectif cette année est d’atteindre des exportations de 17 500 tonnes. La qualité est bonne, aussi bien au niveau du calibrage que de la qualité…C’est visible… En ce qui concerne les primeurs…le groupement des exportateurs de litchis a décidé au cours de son assemble générale que les primeurs partiraient en même temps en bateau. Les bateaux peuvent donc exporter les primeurs à partir d’aujourd’hui…»

Madagascar étant le premier exportateur de litchis vers l’Europe et pour se maintenir à ce niveau compte tenu de ce qui s’est passé en 2018, les hommes d’affaires malgaches ont tout fait pour poser des règles strictes. Dans ce cadre, la quantité exportée a diminué pour garder la qualité exigée par le marché international. Ainsi, si les deux premiers conteneurs exportés vers la France pesaient 16 000 tonnes en novembre 2018, ils ne pesaient plus que 15 000 tonnes en 2019.

Au plan de la production, la vieillesse des pieds de litchis et le marché sont les deux principaux problèmes de Madagascar. En d’autres termes, les pieds de litchis sont trop vieux et doivent être renouvelés.

RANDRIAMANANTENA Jocelyn
Enseignant

RANDRIAMANANTENA Jocelyn, Enseignant « Le problème se situe au niveau des marchés et non des litchis. Comment se comporte le marché des litchis ? Madagascar est l’un des principaux pays exportateurs de litchis en direction de plusieurs pays. Historiquement, les Malgaches ont traversé des périodes difficiles. Le pays a été sanctionné et la plupart des marchés mondiaux se sont fermés à lui. La solution pour moi est d’ouvrir à nouveau ces marchés internationaux afin de pouvoir augmenter la quantité exportée. En effet, quand les marchés internationaux se ferment, les débouchés sont rares…et affectent les revenus des paysans. Il est normal que les plants de litchis ne soient pas entretenus et que la qualité des produits ne réponde plus aux normes internationales. C’est l’un des problèmes rencontrés.

Le deuxième problème concernant les litchis en particulier dans la région de Manakara porte sur le vieillissement des plants. Les plants sont vieux. Les paysans doivent créer de nouvelles plantations car le vieillissement des plants risque de provoquer une chute de la production. Si on considère la production actuelle, une baisse de la qualité est notoire… »

Le changement climatique vient exacerber la situation de vieillissement des pieds de litchis. La population d’abeilles qui sont essentielles dans la production de litchis et des autres produits d’exportation, est nettement insuffisante.

JEAN Veli
Enseignant

JEAN Veli, Enseignant « La qualité des litchis a changé et n’est plus identique à celle d’avant. Avant, les litchis étaient bons et gros et on était ravi de les voir. A l’heure actuelle, les litchis ne répondent plus aux critères exigés par les pays importateurs. Les litchis sont devenus petits. Quels sont les problèmes ? Je voudrais apporter des explications sur ce point. Le premier problème est le changement climatique. Le climat a changé…Par ailleurs, quand les litchis fleurissent, des insectes comme les abeilles les déflorent. Quand ces insectes font défaut, le litchi ne parvient pas à la taille voulue. C’est comme pour la vanille, quand on ne féconde pas la fleur de la vanille, on n’a pas une vanille de bonne qualité…

  • Pourquoi ces insectes font-ils défaut à l’heure actuelle, ces insectes qui déflorent les fleurs de litchis comme les abeilles?

Cela est dû au changement climatique. Le sapin par exemple cause des problèmes aux autres arbres. Quand les abeilles les butinent, elles meurent. Je veux insinuer qu’il n’y a plus d’abeilles, qu’ils n’y a plus suffisamment d’abeilles qui butinent les fleurs à cause de la destruction de l’environnement par l’homme. De ce fait, tout change, tout ce que nous plantons et ce que nous cultivons…Tel est le problème surtout en ce qui concerne la qualité du litchi. Cela veut dire que nous devons nous préoccuper de l’environnement…Primo, les insectes vont réapparaître et nous irons à nouveau vers une amélioration de la qualité qu’il s’agisse de litchis ou de vanille. Mais si nous ne protégeons pas l’environnement, la qualité de nos produits va en pâtir. A la fin, nous ne pourrons plus exporter nos produits. Si les pays importateurs ne prennent plus en compte la qualité de nos produits, nous rencontrerons de gros problèmes d’exportation. »

Disposer de produits d’exportation de différentes variétés est important pour la région Vatovavy Fitovinany car cela lui permet de se développer. En plus des litchis, Vangaindrano et Manakara produisent aussi du girofle. Mais ces régions sont confrontées au manque d’opérateurs économiques et à l’insécurité.

RAJAFIARISON Wai Kandot
Collecteur

RAJAFIARISON Wai Kandot, collecteur : « Il y a deux principales régions productrices de girofle dans le grand Sud Est. Vangaindrano produit 4000 à 5000 tonnes par an. Le district de Manakara produit 1500 tonnes par an notamment à Ampasimanjeva, Vohimasina, Vohipeno et Namorona. Avant, il y avait ici des opérateurs qui conditionnaient le girofle. Une fois le conditionnement terminé, ils exportaient directement. A l’heure actuelle, ce sont des opérateurs de Toamasina qui achètent le girofle dans la région de Manakara et de Vangaindrano. Il y a d’ailleurs très peu de produits à conditionner ici. On pratiquait le triage ici pour créer des emplois à Manakara mais maintenant même le triage se fait à Toamasina. Cela est dû à l’insuffisance de professionnels qui peuvent exporter la production. »

La filière vanille qui commence à se développer rencontre les mêmes problèmes.

RAJAFIARISON Wai Kandot, collecteur : « C’est une petite région productrice de vanille. La production est de 500 tonnes environ, de Nosy Varika à Vangaindrano. Dans le nord, la production peut atteindre 12 000 Tonnes. L’insécurité est aussi un problème, de même que la corruption dans la filière. Les normes techniques sont par ailleurs insuffisantes. Si la vanille est cueillie alors qu’elle n’est pas arrivée à maturité, la qualité est mauvaise. Il faut des efforts pour la vanille car la filière est toute nouvelle dans le Grand Sud Est. Les planteurs doivent être formés, de même que les préparateurs, les conditionneurs stockeurs pour pouvoir obtenir une vanille de meilleure qualité dans la région sud est. »

Pour en revenir à la production de litchis dans la région Vatovavy Fitovinany, la population aspire à la réhabilitation du port de Manakara. La présence de ce port facilite la circulation des marchandises et relie plusieurs régions comme Mananjary, Vangaindrano, Farafangana. La réhabilitation de ce port permet aussi d’écouler les produits. Toutefois, la population ne demande pas à ce que le port soit réhabilité en port secondaire comme précédemment mais comme port primaire. Toujours est-il qu’avant cette réhabilitation, une entreprise de transformation de litchis doit y être créée afin de pouvoir augmenter la quantité exportée et de maintenir le quota d’exportation à son niveau initial.

RAKOTONDRASOA Mosa Eugène23.Image fixe015
Adjoint au Miare – Commune Urbaine de Manakara

RAKOTONDRASOA Mosa Eugène, Adjoint au Maire Manakara : « Nous sommes l’un des plus gros producteurs de litchis. Nous sommes déçus de ne pas avoir de quota d’exportation. Nous souhaitons la réouverture du port de Manakara pour que nous puissions nous occuper sur place des litchis à exporter vers les autres pays d’Europe et d’Asie. A l’heure actuelle, le prix des litchis est dérisoire…Selon les rapports qui nous sont parvenus et après les descentes sur terrain que nous avons faites la semaine dernière, le kilo de litchis coûte 200 ariary chez nous. Les paysans producteurs s’en plaignent car ce prix dérisoire ne leur permet pas de faire vivre leur famille. S’il existait une usine de transformation de litchis sur place, cela créerait des emplois, et ferait monter le prix de la production de litchis. Avoir un port secondaire n’est pas vraiment le souhait. Manakara veut un port primaire pour pouvoir exporter ses litchis. Une fois dans le camion qui transporte le conteneur, les litchis sont de suite embarqués à bord des bateaux à l’aide de grues. »

RAJAFIARISON Wai Kandot, collecteur : « Le problème alors qu’on avait un port secondaire, était de tirer le chaland avec une vedette. Il fallait faire 2 km dans la mer avant de pouvoir transborder le produit. C’était un vrai problème. Nous osons espérer que si Manakara dispose d’un port primaire, les opérateurs étrangers vont changer d’avis, de même que les armateurs…Ils vont de suite se ravitailler à Manakara car la saison des litchis y est plus précoce et qu’ils sont moins chers qu’à Toamasina. En plus du port, l’autre solution est que le groupement des exportateurs de litchis attribue un quota à Manakara. Ainsi, les exportateurs professionnels pourront de suite exporter. Même si les produits sont acheminés par camion, c’est déjà très important pour Manakara. En plus du port, l’autre solution est que le groupement des exportateurs de litchis attribue un quota à Manakara. Ainsi, les exportateurs professionnels pourront de suite exporter. Même si les produits sont acheminés par camion, c’est déjà très important pour Manakara.

L’attribution d’un quota peut permettre d’améliorer le niveau de vie des paysans…Actuellement, les litchis pourrissent sur pied faute d’acheteurs. Un quota permet d’écouler la production et d’améliorer le niveau de vie. La population de Manakara serait motivée par l’attribution d’un quota car tout le monde aurait du travail et la vie serait meilleure.

Si le port est réhabilité, le prix des litchis changera sûrement à Manakara.

En ce qui concerne la production et le traitement des litchis, le ministère de l’agriculture par le biais du projet CASEF, a formé des paysans producteurs 4 ou 5 mois avant la saison de la collecte. Cette formation a inclus notamment le traitement des pieds de litchis, la taille des arbres et le moment où il fallait le faire. Les paysans ont aussi été formés à des méthodes de travail novatrices pour faire face au changement climatique. Il a été question du manque de pluies dues à une sécheresse prolongée. Un appui leur a été donné pour qu’ils puissent répondre aux normes de production exigées. Les paysans producteurs savaient comment tailler les arbres, explique-t-on. Mais on leur a appris à choisir ce qu’il fallait tailler et le moment où il fallait le faire. Cette formation faisait partie de l’amélioration de la qualité de la production afin de parvenir  à l’objectif fixé : celui d’améliorer le niveau de vie de chaque acteur de la filière litchis.

Les investigations menées font ressortir qu’en 2018, un kilo de litchis de Madagascar coûtait entre 2,20 euros et 2.30 euros en France. Ce prix est plutôt dérisoire par rapport aux litchis d’Afrique du Sud vendus 3,50 à 4 euros selon la grosseur. Mais toujours est-il que les litchis sont source de devises extérieures et peut améliorer l’économie du pays.

RANDRIAMANANTENA Jocelyn, enseignant : « Lorsque les échanges commerciaux au niveau international reprendront, il y aura des rentrées de devises étrangères. Nous aurons des recettes en monnaies étrangères. Nous devons savoir que quand les Malgaches importent, cela dévalorise l’ariary. A mesure que nous exportons, l’ariary se valorise. Le problème du pays est que la valeur de l’ariary est très faible par rapport aux autres monnaies de référence. Si l’ariary se valorise, notre pouvoir d’achat augmentera. Les produits importés seront bon marché car l’ariary aura gagné en valeur. C’est très important dans notre PIB. Quand je dis exportation, c’est pour que nous améliorons la qualité des produits exportés. Il faut que nous mettions nos produits à exporter aux normes… »

La transformation des litchis sur place a été une solution adoptée face à la surproduction de litchis. L’école de formation professionnelle de Manakara a appris à ses élèves à faire de la confiture de litchis. Des partenaires financiers ont organisé une formation pour améliorer la vie des paysans producteurs. Ils sont encore peu nombreux à l’heure actuelle.

HENINTSOA Monique
Etudiant

HENINTSOA Monique, Etudiante : « C’est la saison des litchis, on peut les transformer de différentes façons et ne pas se contenter de les manger. On peut en faire de la confiture. Nous apprenons à nos élèves à en faire…C’est comme ça…Nous savons enseigner comment faire de la confiture de litchis.

Des membres de Prospérer font de la confiture. Mais les membres sont rares. Cette année, des efforts ont été entrepris avec le député pour se rapprocher des producteurs et transformer localement la production… »

Face à la surproduction de litchis, la détérioration des fruits est importante. Les fruits pourrissent sur pied ou se détériorent en chemin. Mais compte tenu de leur prix dérisoire, les paysans producteurs ne se donnent pas la peine de les cueillir.

D’importants efforts doivent être fournis pour valoriser la filière litchis à Madagascar. Comme nous l’avons mentionné, seulement le 1/5 de la production annuelle de 100 000 tonnes est exporté. Les 80 000 tonnes restent sur place et sont éparpillés un peu partout dans les régions non productrices. La plus importante région consommatrice de litchis est celle d’Analamanga et Antananarivo, la capitale. Au marché d’Anosibe, de longues files de camions vendent les litchis en gros. Près de 30 camions par jour approvisionnent les marchands en litchis. La plupart des litchis proviennent de la région Vatovavy Fitovinany, explique-t-on. Selon les marchands, les prix sont de loin différents des prix pratiqués sur le marché.

RAFARAMALALA Hanitra
Grossiste

RAFARAMALALA Hanitra, grossiste : « Un camion peut transporter 700 paniers. On achète le panier 6000 ariary sur place et on le revend entre 8000 et 9000 ariary une fois au marché. Tout est terminé en une journée. Quand ça ne marche pas bien, on vend tout en deux jours… »

De ce fait, le prix de vente des litchis est supérieur une fois sur le marché. Cela veut dire aussi que le litchi est un fruit apprécié par le consommateur.

Toujours est-il qu’il s’avère essentiel de trouver un moyen pour le conserver et le transformer. La transformation de  fruits crée des emplois, permet de conserver le produit invendu et de l’utiliser ultérieurement. Cela permet aussi d’améliorer le niveau de vie des paysans producteurs et les encourage à produire toujours plus.

 

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Région DIANA

dsc02209Région DIANA.

Comment se présente le système de décentralisation et de développement des collectivités décentralisées appliqué par les responsables et les élus ainsi que la population dans la région de DIANA.

La région Diana, sur la pointe nord de Madagascar. La capitale est Antsiranana, située à proximité de la frontière de la Sofia et de la SAVA. Elle est l’une des 22 régions de Madagascar. Selon les statistiques de 2010, elle compte 700 000 habitants sur une superficie de 19 266 km2.

Les régions de Madagascar ont été mises en place en 2007. La loi sur les collectivités territoriales décentralisées a été votée en 2014. Un arrêté publié en 2014, défini dans l’article 2 de la loi 2014-20 et prévu dans la Constitution, stipule l’existence de 3 collectivités décentralisées : la commune, la région et la province. Force est de constater à l’heure actuelle, que seules les communes ont été mises en place suite aux élections de 2015. Les élections des chefs de régions et de provinces ont pour le moment été suspendues. Jusqu’à maintenant, le pouvoir central nomme et place les chefs de région en attendant les prochaines élections.

La région de DIANA compte 5 districts: Antsiranana I, Antsiranana II, Ambilobe, Ambanja et Nosy Be. Parmi les recettes figurent en général les impôts générés par les taxes au niveau des marchés et par les différentes taxes touristiques. Jusque là, 30% du budget de fonctionnement ont pu ainsi être récoltés. Cette année 2016, les prévisions fiscales sont de 60%.

La loi 2014-020 stipule l’autonomie de chaque région dans la gestion de son budget. Jusqu’à maintenant, cette structure doit encore bénéficier d’une subvention de l’Etat. Or, les subventions ne lui parviennent pas normalement. Un retard d’un an voire plus est enregistré. Il s’agit là d’un problème commun à toutes les régions. Une collaboration avec les partenaires étrangers ou avec les opérateurs locaux est la seule solution envisageable pour des projets de développement. Cela concerne aussi bien la mise en place d’infrastructures pour la population que le budget de fonctionnement.

 

Tout part d’une consultation à la base des fokontany et de la commune pour l’élaboration du plan de développement de la commune. Cette étape est suivie par le programme de développement de la région  en relation avec le PND, le Plan national de Développement, garant de la concrétisation de la stratégie de développement. A l’heure actuelle, les partenaires ont leur propre programme de développement de la région. La priorité et qui sera financée conformément aux avantages et aux accords passés, réside dans ce qui porte sur le programme du gouvernement et des partenaires.

Les desiderata de la base ne sont pas des priorités et tombent aux oubliettes. Le plus urgent est de répondre et de trouver une solution aux problèmes de la région. A titre d’exemple, la route  reliant Ambilobe à Antsiranana  n’a pas été réhabilitée depuis dix ans. Or, il s’agit d’une route de desserte pour évacuer les produits de la région et est utilisée par la population quotidiennement. La promesse de réhabilitation de cette route est exploitée par les politiciens  lors des élections mais n’est jamais suivie d’acte concret.

JOFFREVILLE :

La commune de Joffreville est une commune de la région DIANA. C’est une commune rurale de catégorie 1, qui comprend 3 fokontany sur une superficie de 255 km2.

La commune est endettée et s’acquitte de ses dettes depuis 2010. Le dernier rapport fait ressortir que les dernières subventions étatiques remontent à 2014. Aussi, seulement 35 à 45% du budget annuel ont été atteints. Seules les dépenses de fonctionnement courantes ont pu être assurées. Les différents projets de financement ont été suspendus. La commune n’est pas en mesure de mettre en place des infrastructures.

Joffreville est l’une des communes gérées par les colons. Aussi, les héritiers des terres sont rares à payer les impôts à la commune. Le paiement des impôts sur la propriété bâtie et sur la propriété foncière a fait l’objet d’une campagne de sensibilisation des nouveaux dirigeants de la commune ces onze derniers mois. Les partenaires comme le GIZ, projet financé par le gouvernement allemand, l’Union européenne et la Banque mondiale assurent un appui technique à la commune afin de faciliter une telle entreprise.

Depuis 2014, les subventions étatiques ont accusé du retard, les recettes de la commune ont de ce fait beaucoup diminué. Aucun responsable élu n’a dirigé la commune. Résultat : les allocations  de la CNAPS  versées aux employés ont accusé un retard depuis 2011.

La diminution du nombre de touristes visitant la Montagne d’Ambre a contribué à réduire les recettes. Elle est recouverte d’une forêt renfermant la faune et la flore endémique de Madagascar. Selon les investigations, l’insécurité et l’incertitude des vols d’Air Madagascar  sont les causes de la diminution du nombre de touristes.

 

La commune d’Antanamintarana :

La commune d’Antanamintarana est une commune rurale de la région DIANA. Elle a une note de 8/10 en termes d’indice de gouvernance locale. Plusieurs critères sont exigés d’une commune afin de lui attribuer une note : la participation active de chacun dans le développement, la transparence dans la gestion, le respect de l’Etat de droit, la compétence, le respect de la femme, la considération des pauvres, etc.

La commune  travaille de concert avec le fokontany, le fokonolona par le biais du Plan de développement communal pour lequel elle mène des consultations à la base concernant les infrastructures et les aspirations de la population. Barrages et adduction en eau potable dans certaines localités sont les infrastructures qui manquent à la commune actuellement.

Depuis 2010, plusieurs partenaires ont aidé la commune. Cette dernière a une certaine autonomie jusqu’à maintenant. Le retard des subventions étatiques n’entrave pas son fonctionnement sur un plan d’ensemble.

La collaboration de la commune avec les partenaires étrangers et les opérateurs locaux peut lui permettre d’investir dans la mise en place des infrastructures. Force est de constater toutefois que ces 5 dernières années, les investissements n’ont cessé de diminuer compte tenu de la situation politique et de l’arrêt des travaux. Il en a été ainsi en 2014, où la commune est restée dans l’expectative des élections communales.

La commune s’attèle actuellement à recouvrer la confiance des partenaires. Elle s’acquitte des indemnités mensuelles des chefs fokontany, elle s’implique dans l’adressage des maisons, donne des noms aux localités par le biais du plan d’aménagement du territoire. Elle travaille avec la région pour la mise en place du Plan communal de sécurité, une solution commune prise pour faire face aux « Foroches », jeunes délinquants.

Moins de 10% de toutes les communes de Madagascar sont autonomes et ne  reposent pas sur les subventions étatiques comme c’est le cas pour cette commune de la région DIANA. Mais le chemin à parcourir pour l’application de la décentralisation afin que les 1963 communes de Madagascar, acquièrent une certaine autonomie, reste long.

Cela fait 20 ans que la loi sur la décentralisation a été mise en place. Or, moins de 1% du budget de l’Etat est affecté pour aider les collectivités locales décentralisées. L’application des lois 2014-20 et 2014-19 selon lesquelles 60% des revenus des communes doivent leur leur être attribués jusqu’à la mise en place des provinces, n’est pas respectée.

Résultat : les investissements des communes sont insuffisants alors qu’ils devraient constituer 35% de son budget. La population est peu sensibilisée sur la nécessité de s’acquitter des impôts qui constituent la plus grosse partie des recettes. L’Etat n’exerce pas de contrôle rigoureux et forme mal  les responsables de base. Force est de constater que les associations de la société civile qui peuvent exercer un contrôle et aider les collectivités locales décentralisées sont quasi inexistantes. Même le statut des fokontany reste flou, la Constitution les place sous l’autorité de la préfecture alors que la commune est la structure administrative la plus proche à partir de la base.

Le chemin vers l’autonomie financière et de gestion des collectivités locales décentralisées, telle que le prévoit la Constitution reste pour le moment long à parcourir. L’application de la loi est insuffisante et inadéquate. Le développement à la base est mal réparti malgré le Fonds national de péréquation géré par le FDL qui a été adopté par l’Assemblée nationale en juillet dernier. Selon les résultats des investigations, la politique actuelle de l’Etat entrave l’autonomie des collectivités locales décentralisées en matière de développement. Cela reflète toujours les calculs politiques visant à perpétuer la dépendance des collectivités vis-à-vis du pouvoir central. Telle est la situation de la région DIANA sur un plan d’ensemble.

CACAO DU SAMBIRANO – MADAGASCAR

Ambanja, ville côtière du nord de Madagascar, située dans la région du Sambirano. Tôt le matin, la ville bruisse des mille bruits du quotidien. Dans les stations de taxi brousse, on s’active à charger ou à décharger les sacs de marchandises.

Si le cacao est devenu un produit d’exportation de Madagascar, tant recherché par les maîtres chocolatiers du monde, la plante n’est pas endémique au pays. Introduit par des planteurs de l’Ile de la Réunion voisine, le cacaoyer ne s’est pas acclimaté dans la région de Toamasina, à l’Est de Madagascar, où il avait été en premier lieu implanté. Le voilà donc transplanté au bord de la rivière Sambirano dans le Nord Ouest du pays où y trouvant toutes les conditions climatiques qu’il exige, le plant devient très vite un arbre qui produit tant et si bien de cabosses de cacao que celui-ci devient un produit d’exportation.  Grâce au climat humide et chaud de la région d’Ambanja, les plantations de cacaoyer se développent sous l’ombre des bananiers, car seuls les endroits ombragés sont propices à sa culture.

« Le cacaoyer a besoin d’ombre pour bien produire. Sur un terrain vide comme celui-ci par exemple, il faut planter des bananiers et d’autres arbres pour que les plants puissent bénéficier de leur ombre car les plants doivent pousser entièrement à l’ombre. Après 4 ou 5 ans, on commence à déblayer les bananiers car les autres arbres auront aussi poussé plus haut que le cacaoyer pour lui donner de l’ombre », Michelin – Président de l’Association des guides d’Ambanja.

En 1955, deux chercheurs de l’IRAM, l’Institut de Recherches Agronomiques de Madagascar, initient des recherches sur le cacao. En 1960 est créé l’IFCC, l’Institut Français du Café, du Cacao et autres plantes aromatiques où des recherches génétiques sont menées pour améliorer les plants de cacaoyers de Madagascar. Plus tard, les plants de cacaoyers améliorés, le Trinitario, issus de l’hybridation du cacao Criollo et du cacao Forastero,   sont  distribués aux planteurs de la région d’Ambanja. C’est la qualité de cacao actuellement produite à Madagascar.

Il n’existe que trois variétés de cacaoyers au monde : le Forastero, le criollo et l’hybride, le Trinitario. Le Forastero, c’est le cacao qui donne son goût  au chocolat standard. Les pays qui en produisent misent sur un fort rendement à l’hectare pour en commercialiser le maximum.

Le Criollo dégage une note aromatique particulière en sus de son goût. Selon les recherches effectuées, le Criollo compte plus de 5000 saveurs  différentes. Le cacaoyer criollo est toutefois très vulnérable aux maladies et  l’arbre ne résiste pas aux cyclones. Ce qui explique pourquoi le cacaoyer criollo dans son état initial se fait de plus en rare et a presque disparu.

L’hybride, le Trinitario, se situe à mi-chemin du Forastero et du Criollo.  Mais sa spécificité vient du fait qu’il se rapproche plus du Criollo,  raison pour laquelle il est si recherché.

Le cacao Trinitario produit à Madagascar répond aux normes de qualité internationale car c’est un produit bio par excellence. La faiblesse de son taux de Théobromine, le stimulant à l’origine d’une sensation de bien être, poussant à sa consommation et lui conférant son amertume,  fait du chocolat malgache un chocolat « fin ». Cette faiblesse du taux de Théobromine diminue l’amertume du chocolat  et a valu au cacao malgache d’être reconnu comme l’un des plus fins au monde. En 2015, les vingt et une variétés de cacao malgaches ont été répertoriées dans la banque de données de Londres.

Un cacao est de qualité supérieure s’il contient 80% de fèves blanches. Avec moins de 80% de fèves blanches, il est de moindre qualité et avec 32%, il est de qualité médiocre.

En général, un cacaoyer ne produit qu’après 5 ans. A Ambanja, les gros planteurs côtoient les petits planteurs. Les plantations des gros planteurs s’étendent sur 500 à 2000 hectares. Celles des petits planteurs occupent une superficie de 3 à 4 hectares.

La récolte des cabosses de cacao se fait toute l’année dans la région du Sambirano. Certaines saisons  sont toutefois plus propices que d’autres à la récolte.

Durant la saison des pluies, la production pâtit des grosses averses qui détériorent la fleur du cacaoyer. Un collecteur ne peut ainsi récolter que 6 à 10 tonnes par semaine. Durant la saison sèche qui s’étend de mai à octobre, un collecteur peut récolter 40 tonnes de cacao chaque semaine.

Mais la culture du cacao à Madagascar connait actuellement des problèmes d’envergure. Les plants aussi bien des gros planteurs que des petits, sont vieux. Un cacaoyer est estimé vieux et improductif s’il produit moins de 10 fruits pendant l’année, s’il a plus de 30 ans et un tronc de 30 cm à la base. Les planteurs rechignent pourtant à couper les arbres. De ce fait, aucun renouvellement des arbres ne se fait d’autant que l’Etat ne se manifeste pas vraiment pour aider les planteurs.

Normalement, le renouvellement des plants de cacao se fait selon trois procédés : soit par recépage en coupant l’arbre à la base, soit par greffage soit en mettant en terre de nouveaux plants.

Mais un autre problème de taille se situe au niveau des vols qui concernent les  cabosses jusqu’à l’exportation du cacao proprement dit. Il n’y a pas longtemps, un voleur de cacao est mort, lynché par la foule. La justice populaire s’en mêle en effet compte tenu du fait que les voleurs sont souvent relâchés et récidivent une fois remis en liberté. Le maire d’Ambanja s’insurge et considère que le vol de cacao ne doit plus être considéré comme un simple délit.

Ces vols ont des répercussions sur le marché international car le cacao volé n’est pas mature, la qualité est donc mauvaise alors qu’il est exporté. Il est question à l’heure actuelle de mettre en place un marché contrôlé.

L’absence de chercheurs malgaches qui se penchent particulièrement sur la recherche en matière de cacao en vue d’une amélioration variétale notamment est un autre problème. En raison de tous ces problèmes, la production a diminué et la qualité a connu une régression. Les exportations étaient stagnantes et tournaient autour de 4500 tonnes entre 2009 et 2011. Des efforts ont été faits pour améliorer les variétés de cacao des producteurs, pour leur permettre de s’équiper plus facilement et d’améliorer la qualité du cacao produit. Aussi, la production a connu un bond et a atteint près de 7500 tonnes en 2015. Mais cette production demeure très en-deçà de la demande.

Il est question de distribuer à partir de l’année 2016, plus de 100 000 boutures aussi bien aux gros qu’aux petits planteurs. La quantité distribuée devra progressivement augmenter  pour atteindre 500 000 plants par an dans les prochaines années. Petits et gros planteurs vont être encadrés pour permettre une réussite maximale de leurs plantations.

80% de la production malgache de cacao sont exportés. Les 20% restants sont destinés à la consommation locale. Mais le bât blesse aussi au niveau de l’évacuation des produits en raison de l’état des routes.

Le cacao est devenu si important pour la région du Sambirano, berceau de la ville d’Ambanja, que cette année il a été mis à l’honneur lors d’un festival qui lui a été particulièrement consacré. Bien encadré, dans un contexte bien réglementé,  le cacao malgache est une richesse qui ne peut que contribuer au développement de Madagascar, jusqu’à maintenant encore l’un des pays les plus pauvres au monde.

 

 

 

Exploitation forestière à Madagascar.

Exploitation forestière à Madagascar.

INTRODUCTION :

dsc02163L’exploitation forestière et la vente de bois sont des affaires qui marchent à l’heure actuelle. Le nombre d’exploitants forestiers, qu’ils aient une autorisation légale ou non, augmente. Le nombre de marchands de bois suit la même tendance à Antananarivo et ses environs. Qui se trouve derrière ce trafic ? Que va-t-il advenir au pays et aux générations futures si la surexploitation forestière continue ? Nous essaierons de répondre à ces questions.

Chaque quartier d’Antananarivo a son point de vente de bois et dispose de matériel de scierie. On en trouve par exemple à Andravoahangy, Ivandry, Anjanahary, Isotry, Anosizato, Anosibe, Andohatapenaka, Tanjombato, Ambohimanarina, Mandroseza et autre. Le nombre de marchands de bois est difficile à dénombrer à l’heure actuelle. Aussi bien la commune que les responsables de l’environnement ne disposent pas de statistiques.

Force est de constater que la vente de bois est une affaire qui marche et qui nourrit plusieurs familles en amont comme en aval. Il existe un réseau qui part de l’exploitation, passe par le transport pour aboutir à la transformation en produits consommables. Tout le monde y trouve son compte, aussi bien les camionneurs, les tireurs de charrettes, les manutentionnaires, les menuisiers, ceux qui évoluent dans le bâtiment comme bien d’autres encore.

Le bois utilisé dans tous les secteurs provient de nos forêts. Certaines entreprises ont des autorisations spéciales pour les exploiter. Une règlementation régit l’exploitation des forêts. La protection de l’environnement et de la biodiversité naturelle figurent dans cette règlementation. L’exploitation rationnelle pour les générations futures est aussi un point très important.

De ce fait, une entreprise doit suivre les règles en matière d’exploitation forestière. Parmi ces règles, figure l’interdiction de transporter du bois de nuit afin d’en faciliter la surveillance. Or, transporteurs comme camionneurs  ignorent la véritable raison de cette interdiction. Parmi eux, certains sont dans l’incertitude, d’autres ignorent vraiment les motifs.

 

Toujours est-il que les exploitants illicites sont nombreux ?

Ils n’ont pas d’autorisation. Cette présence d’exploitants illicites est souvent à l’origine de la destruction de nos forêts. Seulement 18% de la superficie de Madagascar sont recouverts de forêts naturelles dont 8,1% se trouvent dans la région Est et le reste est éparpillé dans les autres régions.

Le taux de destruction de forêt atteint 1500 km2 par an. Selon les statistiques du WWF en 2014, près de 36 000 hectares de forêts sont détruits chaque année à Madagascar en raison de l’utilisation du charbon de bois comme combustible. Près de 92% des Malgaches utilisent le charbon comme combustible. Il y a par ailleurs l’utilisation de bois de chauffe et de bois dans le bâtiment. La région Est est la plus affectée.

Par ailleurs, les entreprises qui disposent d’autorisation, exporte. Il en est ainsi des planches, du bois traité, des chevrons, des palettes. Depuis 2006, ce bois est exporté vers les îles de l’Océan Indien.  On exporte 10 à 15 containers partent de Madagascar chaque semaine. Un container contient 42m3. Cette entreprise a exploité 7000m3 de bois en 2015 et a obtenu entre 4000 et 5000m3 de bois transformé.

Si on fait le compte, plusieurs millions d’arbres sont coupés chaque jour et des forêts d’innombrables superficies sont détruites. A cette situation viennent s’ajouter les feux de brousse et la pratique de culture sur brûlis.

 

Antananarivo !

Si on revient sur Antananarivo, force est de constater que plusieurs tonnes de bois y sont acheminés chaque semaine. Il ne s’agit que du bois destiné au secteur du bâtiment. Au marché d’Isotry, par exemple, 500 tonnes de bois par jour circulent chez environ 30 marchands. Cela veut dire que le marché est prospère et que les Malgaches ne peuvent se défaire de l’utilisation de bois.

En général, les exploitants forestiers qui ont obtenu une autorisation se chargent de la livraison chez chaque débiteur de bois. La livraison dépend de la commande. Un marchand se fait livrer 2 à 3 fois par semaine.

Ces 5 dernières années, le prix du bois n’a cessé de grimper dans la capitale. Dernièrement, cette hausse a été de 20 à 30%. Si auparavant, une planche de 4 mètres coûtait 2500 ariary, elle vaut actuellement 3000 ariary. Une planche de 2 mètres qui coûtait 1500 ariary, vaut désormais 2000 ariary.

Tout bois destiné à la construction a enregistré une hausse de 500 ariary. Il en est ainsi des planches, du bois rond, des voliges et autres. Les bois de plus gros calibre, qu’il s’agisse du bois de pin, d’eucalyptus, que du bois du pays, a accusé une hausse de 10 000 ariary. Si le pin coûtait 50 000 ariary, il vaut actuellement 60 000 ariary. Certains bois du pays coûte jusqu’à 70 000 ariary. Les marchands imputent cette hausse à plusieurs facteurs.

Cette augmentation du prix du bois a incité un grand nombre d’opérateurs malgaches à s’intéresser au secteur. Le bois est essentiel à la vie de la population. Il est notamment utilisé dans le bâtiment, pour la fabrication de meubles, le bois de chauffe, le charbon, les différentes infrastructures, l’artisanat…

Ainsi, de nombreuses familles vivent de la fabrication de meubles notamment ceux qui utilisent des machines à tour, les menuisiers, les marchands de meubles, qu’il s’agisse d’entreprise ou d’individu.

Ces charretiers se trouvent à proximité des ateliers bois. Ils sont une trentaine et deux par deux, livrent les meubles ou le bois en provenance des marchands et qui doit être transformé à l’atelier. Le prix de la course est en fonction de l’éloignement géographique du lieu de livraison et des difficultés pour y parvenir. Elle varie de 3000 ariary à 20 000 ariary.

Hormis le transport à charrette, de nombreux véhicules transportent le bois dans la capitale. A l’heure actuelle, le prix du transport est en hausse aussi bien à partir de la source que dans la capitale.

L’utilisation du bois est indissociable des travaux de construction. 30% du devis envisagé pour la construction d’une maison sont affectés à l’approvisionnement en bois. Mais à l’heure actuelle, les dépenses dévolues au béton et celles affectées au bois se trouvent à égalité. Nous parlons ici des constructions d’envergure. Les entrepreneurs doivent utiliser des bois ronds, des planches et des madriers. La majorité de la population utilisent en ce qui la concerne, le bois en totalité pour ses travaux. Les murs sont en bois, de même que les portes et les fenêtres, les escaliers et autres.

A Antananarivo, 80% des personnes qui font des constructions en bois, louent le terrain où elles s’implantent. Selon les investigations, deux raisons majeures les poussent à construire en bois. L’aspect économique d’abord : les briques reviennent chères s’il faut construire en dur. Par ailleurs, vu qu’ils louent le terrain, ils préfèrent construire en bois. Construire en bois est moins onéreux que construire en briques mais les dégâts sont plus importants en cas d’incendie.

Dans un tel cas, le feu se propage aux autres habitations et ne s’arrête que quand tous les alentours sont brûlés. C’est ce qui s’est passé à Andravoahangy où il y a des incendies presque chaque année, à Antsalovana, Ambodin’Isotry, Andohatapenaka  et Ankasina dernièrement.

 

Les Problèmes majeurs :

L’un des problèmes majeurs de l’exploitation forestière à Madagascar est l’exploitation illégale. Mais il y aussi les feux de brousse et les cultures sur brûlis. La destruction des plants d’arbres dans le cadre des reboisements effectués par les associations, les entreprises, les politiciens et les différents ministères vient se greffer au problème. Ces plants ne font l’objet d’aucun soin. L’herbe alentour pour parer aux feux n’est jamais coupée. L’insuffisance de personnel et de matériels de surveillance constitue un autre problème.

Jusqu’à maintenant, les dirigeants n’ont entrepris aucune action d’envergure pour mettre fin à l’exploitation forestière illicite.

Ces 40 dernières années, les zones humides ont diminué de 1,5% par an en raison de la dégradation de l’environnement. L’utilisation du bois, aussi bien dans le bâtiment que comme combustible contribue à la destruction de la forêt. La superficie recouverte de forêt naturelle a diminué de 66%. En 2005, la superficie recouverte de forêt naturelle s’élevait à 12 millions d’hectares. En 2016, elle n’atteindra plus que 8 millions d’hectares.

Il existe un cadre réglementaire régissant les forêts à Madagascar mais son application demeure un problème jusqu’à présent. C’est ce qui explique l’exportation illicite des différentes richesses forestières. Il en est ainsi des différentes essences de valeur et des feux de brousse. Résultat : l’eau fait défaut, les cultures se dégradent, l’autosuffisance alimentaire est en péril sans parler de la détérioration du climat et de la destruction de l’environnement. La solution durable à ce problème réside dans le reboisement, et dans la sensibilisation des communautés locales dans la protection des forêts et de l’environnement.

La population qui vit dans les aires protégées doit suivre et respecter plusieurs règles. Il n’existe pourtant pas de structure de surveillance à la base, ce qui empêche d’atteindre les objectifs.

Jusqu’à maintenant, seule une entreprise est dotée d’un « Certificate Forest Stewards Council » à Madagascar. Il s’agit d’une autorisation d’exploiter selon des normes respectueuses de l’environnement et soucieuses des générations futures.

Il est donc nécessaire de trouver des solutions pérennes pour la responsabilisation de l’exploitation forestière. Jusqu’ici pourtant, les responsables affirment que le ministère responsable s’attèle pour le moment à réviser le cadre juridique régissant les forêts.

Cela veut-il dire que les dirigeants restent dans l’expectative de ces nouvelles lois avant de prendre les mesures qui s’imposent?

L’une des solutions avancées réside dans l’utilisation de matériaux autres que le bois. Il en est ainsi du charbon constitué de boue et d’herbes sèches, ou du son de riz et de la poudre de bois produit par des chercheurs malgaches. Cela peut contribuer à la protection de l’environnement et à valoriser le travail des chercheurs malgaches.

L’éducation des enfants, le respect des lois ayant déjà existé, l’interdiction d’introduire des  végétaux de l’extérieur, la mise en place de pare feux et le reboisement sont des méthodes simples pour protéger les forêts. Le reboisement est une pratique connue de tous mais l’entretien des plants d’arbres et la surveillance font défaut.

 

CONCLUSION :

En général, les forêts sont source de bienfaits pour l’homme. Elles gardent l’eau et protègent de l’érosion, elles fournissent de la nourriture comme les fruits, le gibier, les ignames, les bananes et bien d’autres encore. Elles fournissent des plantes médicinales qui peuvent être utilisées dans la vie de tous les jours. Elles sont un foyer pour les animaux et purifient l’air.

Personne ne peut se débouter de ses responsabilités dans la protection des forêts : fokontany, communes, associations, communautés de base et les dirigeants en premier lieu.

Chacun doit prendre ses responsabilités dans la protection des forêts. Tous sont responsables en particulier ceux qui vivent à proximité des 122 aires protégées à Madagascar doivent être vigilants quant à l’exploitation forestière.

Force est de constater que la protection des forêts nécessité de gros efforts à Madagascar. Les forêts occupent une place importante dans la vie de l’homme, aussi bien au niveau de l’air qu’il respire, de son environnement qu’à celui de son habitat.

 

DINAN’I MELAKY TSY MIPOLY

Le Dinan’i Melaky Tsy Mipoly sera rétablit avant le 26 Juin 2016 prochain dans la Région de Bongolava, Madagascar. Et ce, afin de faire face à l’insécurité galopante qui règne dans cette localité du pays depuis plusieurs mois. Quelques communes comme celle de Fihaonana ou de Miandrarivo ont en effet été ciblées à maintes reprises par les dahalo et les vols de bovidés sont en recrudescence.

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Une centaine de bovidés sont dérobés chaque semaine par les dahalo dans la Région de Bongolava. Les communes de Fihaonana, de Miandrarivo ainsi que la partie située à l’Ouest du Bongolava ont été les principales victimes des méfaits des dahalo en Février. Le chômage et la hausse de la migration alors que les contrôles font défaut sont à l’origine de la recrudescence de l’insécurité dans cette Région du pays d’après Aina ANDRIANAMELASOA, Directeur du Développement Régional à Bongolava. Face à cette situation, des Responsables locaux ont décidé d’appliquer à nouveau le Dinan’i Melaky tsy Mipoly et ce, avant le 26 Juin prochain. L’objectif est d’endiguer l’insécurité en général et le phénomène dahalo en particulier.

Chef de région Melaky : « Nous allons rétablir ce dina pour instaurer la sécurité dans les Districts d’Antsalova, Maintirano et Morafenobe. L’application de ce dina a été suspendue en raison des vindictes populaires. Mais actuellement il sera appliqué conformément aux lois en vigueur ».

Le dinan’I Melaky tsy Mipoly était appliqué pour la première fois en 2013. Suspendu en 2015, il sera donc rétablit prochainement.

Programme scolaire à Madagascar

Le programme scolaire à Madagascar n’a pas évolué depuis 20ans. Il ne correspond plus au contexte actuel. La situation a poussé les écoles privées et publiques à concevoir et appliquer leur propre programme scolaire. Dans cette école privée, ce sont les enseignants qui élaborent le programme scolaire des élèves d’après RANDRIANARISON Ando, Directeur de l’école.Selon des indiscrétions, l’ancien programme scolaire sera toujours appliqué cette année. Le ministère de l’éducation nationale ne procèdera à sa révision que pour la prochaine année scolaire. ANDRIAMAMPANDRY Todisoa, directeur général de l’Enseignement général affirme que ce programme scolaire n’est plus conforme à l’évolution du système scolaire dans le pays. Même les manuels scolaires ne sont pas les même. Ils sont choisis suivant les sujet-types des examens officiels. Cela se répercute sur le niveau des élèves. Faute de mis à jour des manuels scolaires, le niveau des élèves est de plus en plus alarmant. Un nouveau programme scolaire sera élaboré durant la convention nationale du 8 au 10 Octobre prochain.

COMMUNE URBAINE DE TANANARIVE

Un mois est passé sur les deux mois promis par le président de la délégation spéciale d’Antananarivo pour redonner à la capitale un air de propreté. La tâche est encore ardue. La mentalité des gens entravent les efforts d’assainissement de la ville. Les efforts de la commune urbaine d’Antananarivo continuent.  

 Désormais, le grand nettoyage des rues à grande eau se fera chaque lundi à Analakely, dans le centre ville. La raison en est simple : l’accumulation des ordures de fin de semaine auxquelles viennent s’ajouter toutes sortes d’odeurs pestilentielles générées par les immondices en tous genres. Suite au weekend pascal, les pompiers ont donc nettoyé  cette place à grande eau . La commune urbaine d’Antananarivo a associé les pompiers à ce projet vu qu’Analakely est situé en plein milieu de la ville et que la majorité de la population de la capitale y passe quotidiennement.

 En réalité, mendiants et sans abris ont choisi la proximité de l’hôtel de ville pour se soulager dès que la nuit tombe. Les employés de la commune font face à cette insalubrité tous les matins. L’air y est tout simplement vicié.

  Selon un jardinier chargé d’arroser les plantes, les sachets en plastique arrivent jusque dans le jardin. Il en est de même des bris de bouteilles des saoulards de la veille.  Les endroits où il y a le plus d’insalubrités sont les contours des jardins. Les mendiants et les sans abris  y font leurs besoins…

 Si le centre ville de la capitale et surtout les abords de son hôtel de ville et de sa principale avenue sont ainsi pollués, le cas n’est pas isolé. D’autres rues font également les frais de ce déferlement de défécations humaines.

Des cellules de nettoyage existent au sein des quartiers et des équipes de la Commune urbaine se chargent de nettoyer les marchés de la capitale. Environ une soixantaine de personnes, départagés entre les six arrondissements de la ville nettoient quotidiennement les grands marchés trois fois par jour, le matin, à midi et en début de soirée.

Il est interdit de jeter les ordures en journée dans les grands bacs sauf entre 17 heures et 20 heures du soir. Les 300 grands bacs à ordures de la capitale seront désormais dotés de couvercle et surveillés par un gardien. Mais la commune urbaine d’Antananarivo ne s’en tiendra pas à ces seules dispositions pour faire régner la propreté. Elle a encore d’autres solutions qu’elle compte mettre en œuvre prochainement. Son défi étant de rendre à la capitale sa propreté dans les deux mois qui suivent l’installation du nouveau Président de la Délégation Spéciale aux rênes de la commune d’Antananarivo.

 Un responsable de la direction des espaces et de la propreté urbaine explique que des sensibilisations vont avoir lieu. Une station radio et une chaîne de télévision, ainsi qu’un numéro vert seront mis en place à Antananarivo pour répondre à cet objectif. Ils seront opérationnels dans 10 jours. La première raison de l’existence de la radio, de la télévision et du call center est  la sensibilisation sur le civisme à Antananarivo.  La seconde raison est la promotion de la communication entre les personnes, au niveau du fokontany ou à celui d’ autres acteurs qui souhaitent faire des interpellations. S’il y a quelqu’un qui jette des défécations dans les bacs à ordures, il est possible d’en parler, par exemple. Pendant ces deux mois, toutes les structures doivent être opérationnelles. Après, la pérennisation et le suivi-évaluation seront faits par la commune urbaine d’Antananarivo

Malgré ce, le changement de mentalité reste le plus grand problème auquel la commune doit s’attaquer. En effet, un mois après le début de ce grand nettoyage entrepris par la Commune d’Antananarivo, la ville reste insalubre. Le problème reste entier car sitôt nettoyées sitôt salies semble être le lot des rues de la capitale pour le moment.

 

Les iles éparses

La question sur les Iles éparses revient sur la table. La gestion des iles Eparses doit revenir à Madagascar. Une co-gérance est complètement à écarter. Nous en avons les pleins droits sur ces iles, selon le Professeur Harimanana Raharinosy, enseignant chercheur et juriste qui a tenu une conférence sur les iles éparses, au ministère des affaires étrangères ce jour. Les détails avec Hilda Hasinjo.

Les iles éparses, Juan de Nova, Bassas da India, Les Iles Glorieuses, Europa et Tromelin,  sont actuellement sous la tutelle légale du département Français parmi les Terres antarctiques australes françaises ou TAAF. Ce statut particulier leur est attribué depuis 2005 et a été officialisé en 2007. Un fait que le professeur Harimanana Raharinosy qualifie comme une trahison, la deuxième d’ailleurs, que la France a perpétré à l’endroit de notre pays.

Il explique en effet que le fait que la France ait été le premier pays à avaliser le régime transitoire est une trahison. La déclaration de Bamako condamnant les changement anticonstitutionnelle de gouvernement. L’autre trahison, remonte à plus longtemps, selon cet intellect, quand Madagascar commence à se pencher sur son développement et délaissant un peu les histoires de Iles Eparses et que les Français ont en profité pour les détourner.

 Malgré tout, les Iles Eparses appartiennent à Madagascar, si l’on se réfère aux recommandations des Nation Unies de 1978. Une recommandation qui écarte, naturellement, la possibilité de co-gérance, déjà évoquée par le Président de la République en personne.

Selon le professeur  Harimanana Raharinosy, c’est la Commission de l’Océan indien qui a proposé cette co-gestion entre la France, L’Ile Maurice et Madagascar. Mais sur le plan International, ce sont les principes des Nations Unies  qui doivent le remporter sur ceux des COI. Les Nations unies reconnaissent d’ailleurs ces iles, non en tant qu’Iles Eparses, mais en tant qu’Iles de Madagascar.

La Conférence qui a réuni une parterre d’intellects d’aujourd’hui a mis en exergue qu’il est grand temps pour Madagascar de réclamer le plein droits sur ces Iles, longtemps sources de discordes, surtout après l’instauration de ce nouveau régime.  

Cannabis

Détaillant feuille de cannabis

Le trafic de cannabis prend de l’ampleur. Un vendeur de cannabis a été en effet arrêté avec 41 paquets  et 200g non emballé, hier dans le quartier de Tsiadana. C’est l’appel d’une personne de bonne volonté qui a permis l’arrestation de ce malfaiteur

C’est un riverain du quartier de Tsiadana qui a informé la police sur  l’existence de ce vendeur de cannabis.  Les données précises ont faciliter l’arrestation de ce vendeur. Hier à 8h, la police a fait une descente sur les lieux et à procéder à l’arrestation. Le vendeur a été en possession de 41 paquet de cannabis ainsi que 200g encore non emballée. Selon ses dires, ça fait quelques mois qu’il vendait du cannabis dans ce quartier. Il s’approvisionne à Tuléar chez un certain Dadaky.  Il prend un sachet de cannabis à 50.000Ar pour les revendre dans des petits paquets à 500Ar.

la lutte contre le trafic de cannabis nécessite la participation des citoyens. Les appels des citoyens facilite le travail de la police. Ces appels permettent aussi de protéger les enfants de ces citoyens car ils constituent des consommateurs à ces revendeurs.

La police fait un appel à tout un chacun pour la lutte contre la vente de cannabis. Les citoyens ne doivent pas craindre d’informer les autorités.

 

 

Business, Bizna

Poule pondeuse     Akoho

akoho0Tafiakatra 600 hatramin’ny 700 ariary ankehitriny ny atody akoho gasy eny an-tsena. Vitsy ary sarotra tadiavina no antony mahatonga izany. Mahalafo hatramin’ny 1 alina atody  isan’andro kosa ny mpivarotra ambongadiny iray eny amin’ny tsenan’ny atody Antohomadinika, vokatra avy amin’ireo akoho mpanatody lava.

Vitsy ny atody akoho gasy eny an-tsena kanefa ilain’ny mponina amin’ny fikarakarana sakafo, atao fanafody fanohanana aina, sy ny maro hafa. Ny fitobahan’ireo mpisehatra akoho manatody lava no anton’izany ary eo ihany koa ny fahavitsian’ny akoho gasy.

Sehatra iray mahasarika ny maro ankehitriny ny fikarakarana akoho manatody lava.  Asa tena,  azo atao antom-pivelomana kanefa mila fahaiza-manao sy traik’efa. Mila fitandremana bebe kokoa anefa ny fikarakarana akoho manatody lava mba hahazoana ny vokatra tadiavina.

Sehatra iray azon’ny rehetra trandrahana ny fiompiana akoho manatody lava. Raha manana 2 tapitrisa ariary ny olona iray ka miompy akoho mpanatody lava 200 isa. Mety hahazo tombony 1 tapitrisa ariary izy ao anatin’ny 1 taona. Ny akoho iray mandritra ny 75 hrinandro anatodizany dia mahatafavoaka atody 300 hatramin’ny 350 isa. Ny atody iray izay amidy 300 ariary antsinjarany ankehitriny ary 250 ariary ambongadiny. Manoloana izany dia nisy fampiofanana notanterahina teto amin’ny Oratorio Ivato, nanomboka ny talata teo izy nifarana androany. Mpisehatra momba ny akoho manatody lava  56 avy eto andrenivohitra sy avy any amin’ny faritra no nanatrika izany, ary nisy ny fizarana mari-pahaizana manotolotra ireo mpandray anjara.

Afaka  mamorona asa ho an’ny tenany avy hatrany ireto olona ireto. Asa mila fahaizana sy traik’efa ny fiompiana akoho manatody lava, kanefa asa mahavelona ary ahazoana tombony. Tsy hijanona eto ny fiofanana raha ny nambaran’ny tompon’andraikitra hantrany fa ezahina hiparitaka manerana ny nosy.